Vendredi 28 avril 2006
Texte rédigé le 15 fev 06
Les caricatures parues le 21 Janvier dans le journal danois Jylands-Poster mettant en scène le prophète Mohamed, provoquent un tollé dans les rues musulmanes et une crise diplomatique aiguë qui prend une dimension internationale pour se transformer en un affrontement arabo-occidental. Ces derniers jours la France est également en ligne de mire suite à la publication des mêmes caricatures par Charlie Hebdo, comme si on avait besoin d’une nouvelle couche de provocation.
Cette affaire a déclenché des manifestations violentes qui ont eu lieu en Palestine, Afghanistan et l’Iran et d’autres plus pacifiques comme celle qui a lieu à Paris ce week-end. Des débats, confrontations, ont fait également l’objet de plusieurs heures.. sans oublier la presse et les caricatures du canard enchaîné qui contrairement à celles de Charlie Hedo n’ajoutent pas une couche de provocation mais tentent d’aller plus loin et d’expliquer les choses.
Certes, nul ne peut contester la légitimité de l’indignation des musulmans face à ces provocations et leur droit d’imposer un respect du culte, de la religion et du prophète. Dans une société comme la mienne où les jeunes sont pour la majorité non – pratiquants, en apparence bon vivants, nonchalants des questions religieuses, et assez ouvert sur le monde, cette polémique sur les caricatures pourrait passé inaperçue, surtout que ces mêmes jeunes ne se privent pas de se faire passer des blagues sur quelques aspects de la religion. Mais le contraste est là, l’indignation et la profondeur de la blessure causé par ces caricatures à touché apparemment tous les musulmans, pratiquants ou pas, jeune et moins jeune. La religion on peu on rire entre nous mais pas avec n’importe qui ?
Je ne met pas en cause la sincérité de ces réactions, mais je souhaiterai comprendre les raisons de cette forte indignation, car si dans certains cas le fort attachement à la religion n’est pas le principal leitmotiv, qu’elles seraient donc les raisons sous – jacentes à ces réactions ??? les mêmes caricatures diffusées dans un autre contexte politico-socio culturel auraient t-elles engendrées les mêmes réactions ??? Sans prétendre l’exhaustivité ni l’analyse approfondie je soumet rapidement 4 explications qui s’ajoutent à celle de la religion.
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Scientifiquement, pour commencer à aborder la question d’une manière plus ou moins légère mais très objective, des études en psychologie cognitive ont démontré que la structure cognitive de l’humour est complètement différente de la structure cognitive de la de la conception personnelle de la religion. Ce qui veut dire que le sens de l’humour de la personne est inhibé par la religion et que par conséquent l’homme accepte peu voir très peu l’humour sur sa religion. C’est simple quand on rigole entre nous d’une blague sur le dernier jour,par exemple, la réaction spontanée qui suit c’est de demander pardon à dieu … « ya rabi samahni »… comme si on se culpabilise d’avoir franchi les barrières du sacrée avec une blague.
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Socio-culturellement, des susceptibilités individuelles et communautaire alimentées ces dernières années et après le 11 sept par des amalgames autour des islamistes, intégristes et ce au grand bonheur des protagonistes des guerres de civilisation. Cet amalgame, on a beau lutter contre, il est là et devient le cheval de bataille des simples d’esprit qui portent des jugement radicaux sur les arabes musulmans. Ce jugement est perçu et ressenti par « les âmes sensibles » qui le subisse comme une forme de mépris et de haine raciale. Ces caricatures, placées dans ce contexte et venant de l’occident, ne font que renforcer ces sensibilités ethniques.
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Politiquement, un ras le bol collectif qui exprime un sentiment d’injustice et d’inégalité alimentées par la guerre en Afganistan, l’Irak et la situation en palestine. Ce ras le bol du peuple manifestant dans les rues serait orchestré par un opportunisme politique des uns et des autres dans ces moments de crises de confiance des musulmans à l’égard de leurs dirigeants. Les cas les plus flagrants, en ce qui me concerne :
Ø L’Iran : La radicalisation de la position officielle du pays concernant la reprise de son programme nucléaire et l’éventualité de sanctions économiques qui en resultent, pourraient engendrer un mécontentement du peuple iranien surtout que pour sa majorité, il est favorable à une normalisation des relations avec la communauté internationale. Rien de plus facile pour le gouvernement que de regagner la confiance du peuple avec une cause chère à cette société musulmane et en présentant, le monde et l’Europe en tant qu’ennemie de l’islam
Ø le Fatah, discrédité lors des dernières élections et traînant une réputation de vendu aux occidentaux profite de la situation pour reconquérir la rue palestinienne par l’intermédiaire des ces brigades armées (Al Aksa). le Fatah se présente comme le défenseur de l’islam et des musulmans. Hamas, par contre, joue la prudence inutile de présenter encore une fois une image d’islamistes guerriers dans cette phase de séduction politique à l'echelle mondial
4 La dernière explication et non pas la moindre, concerne la couverture médiatique de cet évènement, les premières manifestations en Iran ou en Palestine mises en scène (une fois n’est pas coutume) par les médias était une sorte de boule de feu qui a enflammé les braises. Une fois de plus on a eu le droit à des images clichés, d’hommes armés brûlants des drapeaux et exprimant des menaces et des rhétoriques guerrières. Cette mise en scene a fortement contribué à alimenter et renforcer la colére des frères musulmans partout dans le monde.
Par Dadddou
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Publié dans : Points de vue
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